La consommation de fruits et légumes, facteur de protection contre le cancer du poumon

4 février 2026

Une alimentation saine, incluant la consommation régulière de fruits et légumes, est un facteur démontré de prévention des cancers, notamment digestifs. A l’occasion de la journée mondiale du cancer, focus sur un effet moins connu des fruits et légumes, leur rôle protecteur vis-à-vis du cancer du poumon. Une revue systématique et méta-analyse récente vient renforcer les preuves des bénéfices en la matière.

Les cancers représentent la deuxième cause de mortalité dans le monde et leur nombre ne cesse d’augmenter. Alors qu’environ 40 % des cancers pourraient être prévenus en agissant sur les modes de vie (OMS, 2025), améliorer la prévention est plus que jamais une priorité.

En 2022 dans le monde :

  • 20 millions de nouveaux cas de cancer  
  • Près de 10 millions décès liés au cancer  
  • 2,5 millions de nouveaux cas de cancers du poumon (OMS, 2022).  

Le cancer du poumon fait partie des plus fréquents et des plus meurtriers (Thandra et al., 2021), avec environ 1,8 millions de décès attribués à cette pathologie en 2022 (Bray et al., 2024). Si le tabagisme reste le premier facteur de risque de cancer du poumon, il ne permet pas à lui seul d’expliquer totalement la prévalence du cancer du poumon (de Groot et al., 2018). De plus, un pourcentage notable de cas concerne des personnes qui n’ont jamais fumé, en particulier chez les femmes et les plus jeunes (Corrales et al., 2020). L’influence du mode de vie et de l’alimentation fait partie des autres facteurs de risques explorés (Schabath et al., 2019). Ainsi, dans son dernier rapport, le fonds mondial de recherche sur le cancer indique notamment que les fruits et légumes diminuent le risque des cancers aérodigestifs dans leur ensemble (dont poumon) avec un niveau de preuve probable (WCRF, 2018).

Une étude récente (Tabatabaei et al., 2025) a, ainsi, examiné la littérature disponible sur les liens entre le risque de cancer du poumon et la consommation de fruits, légumes, et de certaines sous-familles – crucifères, agrumes et légumes à feuilles vertes. Ce travail a inclus 41 études prospectives publiées entre 1983 et 2022, avec des périodes de suivi allant de 4 à 25 ans.

Fruits et légumes, dès les premières portions, des effets protecteurs vis-à-vis du cancer du poumon

Cette revue systématique et méta-analyse met en évidence une relation inverse, c’est-à-dire une diminution du risque, entre la consommation de fruits et légumes, seuls et combinés, et le risque de cancer du poumon.

Ainsi, en comparant les personnes ayant les plus faibles niveaux de consommation, à celles ayant les consommations les plus élevées, ce travail observe un risque réduit de cancer du poumon pour les consommations les plus fortes. Cette association est retrouvée à la fois pour les fruits et les légumes qu’ils soient considérés séparément ou combinés. Ce lien statistique est également observé pour tous les sous-groupes de fruits et légumes étudiés : crucifères, agrumes et légumes à feuilles vertes.

Par ailleurs, l’analyse dose-réponse met en évidence des effets positifs dès les premières portions avec des effets plus ou moins marqués selon la quantité consommée.

Analyse de la relation entre le risque de cancer du poumon et la consommation (en g/jour) de fruits (A), de légumes (B), de la somme fruits et légumes (C), d’agrumes (D), de légumes crucifères (E) et de légumes à feuilles vertes (F) d’après Tabatabaei et al., 2025.

  • Pour les fruits, la diminution du risque est marquée jusqu’à 120g/jour puis se poursuit au-delà de manière plus modérée.
  • Pour les légumes, de manière similaire, la réduction du risque est marquée jusqu’à 140g/jour puis ralentit au-delà.
  • Lorsque l’on considère le total fruits et légumes, une consommation allant jusqu’à 900g/jour est associée à une diminution du risque de cancer du poumon. Au-delà, la tendance est moins marquée.
  • Pour les agrumes, une association entre consommation et diminution du risque est observée jusqu’à 60g/jour, au-delà les résultats ne montrent pas d’association claire). Des études dose-réponse complémentaires seraient nécessaires.
  • Pour les légumes à feuilles vertes, les résultats de l’analyse non linéaire montrent une diminution du risque jusqu’à 50g/jour.
  • Enfin, pour les crucifères, l’analyse linéaire souligne une tendance à la diminution du risque de cancer du poumon.

Des effets protecteurs particulièrement marqués chez les fumeurs et ex-fumeurs

L’analyse de la relation entre consommation de fruits et légumes et risque de cancer du poumon par groupes de population montre des différences. L’effet protecteur des fruits et légumes est, ainsi, particulièrement marqué chez les fumeurs et anciens fumeurs.

Il semble également plus important chez les hommes que chez les femmes (sauf pour les crucifères). Cependant, cet effet serait en réalité porté par l’exposition au tabac.

Selon les auteurs, cette observation pourrait s’expliquer par des différences de métabolisation des substances cancérigènes, telles que celles présentes dans la fumée de tabac, entre les deux sexes (O’Keeffe et al., 2018). Il semble également que de multiples facteurs biologiques, sociaux et psychologiques différencient hommes et femmes dans leur façon de fumer (principal facteur prédictif du cancer du poumon) (Ozbay et al., 2020). Ces facteurs, associés à l’impact distinctif du tabagisme sur les fumeurs masculins et féminins, conduiraient à un écart entre les deux sexes en matière d’épidémiologie du cancer du poumon.

Enfin, l’effet protecteur des fruits et légumes serait également plus important vis-à-vis d’un sous -type de cancer particulier, le cancer du poumon non à petites cellules (NSCLC), le type cancer du poumon le plus diagnostiqué (de Groot et al., 2018).

Les fruits et légumes, vecteurs de nombreux nutriments contribuant à la protection vis-à-vis des cancers

Selon ce travail, l’effet protecteur des fruits et légumes sur le cancer du poumon observé par les études épidémiologiques serait lié à leurs caractéristiques nutritionnelles. Les fruits et légumes apportent, en particulier, des quantités notables de vitamines, minéraux et composés bioactifs qui participent aux mécanismes protecteurs vis-à-vis des cancers et notamment des cancers du poumon.

En effet, quel que soit le sous-type de cancer du poumon, cette pathologie semble se développer dans un microenvironnement tumoral marqué par des cascades inflammatoires favorables au développement de la tumorigenèse (Peczek et al., 2023). Selon les auteurs, l’augmentation de la consommation quotidienne de fruits et légumes pourrait perturber ce micro-environnement et ainsi prévenir ou entraver la poursuite de la tumorigenèse (Desai et al., 2018). Les composés bioactifs apportés par les fruits et légumes contribueraient à prévenir les mutations responsables de l’apparition du cancer, puis les voies inflammatoires conduisant au développement de la tumeur et à ses métastases à distance (Hosseini et al., 2018 ; Gautam et al., 2016) .

Cette étude ajoute de nouvelles preuves de l’importance de la consommation des fruits et légumes dans toute leur variété, afin de bénéficier de la diversité de composés qu’ils apportent.

En savoir plus :

Basé sur : Tabatabaei, S. V. A., Haghdoost, A. A., Alavi, S. M., Rajabzadeh-Dehkordi, M., Ghalandari, H., & Askarpour, M. (2025). Fruit and Vegetable Intake in Relation to Lung Cancer Risk: A Systematic Review and Dose-response Meta-analysis of Prospective Cohort Studies. Journal of cancer prevention, 30(2), 75–88.

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