La biodiversité des légumes, un levier pour en augmenter la consommation

17 septembre 2026

Les légumes font partie des aliments dont les consommations sont les plus éloignées des recommandations. Afin de remédier à cette situation, une étude récente a examiné le potentiel de la biodiversité des légumes pour améliorer leur consommation dans un contexte d’adaptation au changement climatique. Les auteurs proposent plusieurs initiatives pour la préserver et mieux l’intégrer aux systèmes alimentaires. Ces recommandations ont notamment été expérimentées dans plusieurs territoires africains où biodiversité et malnutrition coexistent, permettant à plus de 120 000 personnes d’avoir accès à des légumes frais.

Apports en fibres, vitamines, minéraux, ou anti-oxydants, faible densité énergétique, grande diversité botanique et culinaire, les légumes sont un groupe d’aliment particulièrement intéressant et précieux pour la santé. Malgré leurs atouts, ces aliments sont largement sous-consommés à l’échelle mondiale.

La consommation moyenne de légumes est inférieure de 40 % aux recommandations, à l’échelle mondiale
Kalmpourtzidou, 2020

Cette situation est d’autant plus préoccupante que la faible consommation de légumes est l’un des principaux facteurs de risque pour la santé publique, contribuant à la charge mondiale de morbidité (FAO, 2025). Chez les enfants, une consommation insuffisante contribue également à limiter les apports en nutriments essentiels et peut ainsi affecter leur développement en bonne santé (Nature, 2025).

A l’échelle mondiale, plusieurs facteurs contribuent à cette consommation insuffisante. Le prix, une production agricole insuffisante et des barrières socio-culturelles entrent notamment en jeu (voir encadré). Pour permettre à tous d’atteindre les recommandations nutritionnelles dans un contexte de changement climatique, il faudrait que la production de légumes augmente de plus de 60 % d’ici 2050 (FAO, 2025 ; Rockström et al., 2025).

Face à ces enjeux, une étude récente (van Zonneveld et al., 2026) a examiné le potentiel de la biodiversité des légumes pour améliorer leur consommation.

Une biodiversité des légumes en déclin, plusieurs causes identifiées de la production aux politiques publiques

La biodiversité des légumes est définie comme la diversité des espèces et des variétés de légumes, cultivées ou sauvages. Selon les auteurs, sa sous-exploitation est une autre limite encore peu étudiée à la consommation de légumes. Mieux exploiter cette biodiversité pourrait, ainsi, contribuer à augmenter la production et la consommation de légumes (Harris et al., 2022).

Selon ce travail, la biodiversité des légumes décline à l’échelle mondiale sous l’effet de plusieurs facteurs, dont l’homogénéisation des marchés et le changement d’usage des terres. Ainsi, 80 % des études consacrées à l’érosion génétique des légumes rapportent une perte significative de diversité au cours du dernier siècle, en particulier au niveau variétal (Khoury et al., 2022). Cette évolution s’accompagne d‘une place croissante de certains légumes dans les cultures et régimes mondiaux, comme la salade, les oignons ou les tomates. A l’inverse, certains légumes restent essentiellement disponibles à l’échelle régionale et sont souvent négligés dans les stratégies et politiques alimentaires – par exemple pour certaines régions d’Afrique, le chou glissant, la plante araignée ou, la courge amère. Ils sont pourtant souvent denses en micronutriments et adaptés à des environnements où les ressources sont limitées.

Les auteurs soulignent également que la préservation de la biodiversité de légumes est également limitée par plusieurs facteurs liés à la recherche. Contrairement à celles des céréales, les ressources génétiques des légumes restent peu conservées et utilisées. A l’échelle internationale, les travaux de recherche se concentrent également sur un nombre limité de cultures (Khoury et al., 2023).

Enfin, certaines politiques internationales peuvent limiter l’accès à la biodiversité des légumes – malgré des différences entre les pays. Par exemple, le traité de la FAO facilitant les échanges de semences entre les pays n’intègre que peu de fruits et légumes (Khoury et al., 2023). D’autres cadres réglementaires peuvent être complexes et demander de longues négociations, ralentissant les échanges.

Intégrer la biodiversité des légumes aux systèmes alimentaires pour augmenter la consommation

Face à ces constats, les auteurs proposent plusieurs initiatives visant à mieux intégrer la biodiversité des légumes dans les systèmes alimentaires :

  • Préserver la biodiversité des légumes pour élargir les choix alimentaires,
  • Soutenir la recherche et la sélection variétale,
  • Promouvoir la biodiversité des légumes locaux pour diversifier les régimes,
  • Intégrer cette biodiversité dans les politiques publiques.

Ces recommandations, issues d’une analyse internationale, représentent des leviers potentiels pour augmenter la consommation de légumes. Elles doivent cependant être adaptées au contexte propre de chaque pays et peuvent être complétées par d’autres approches.

Un accès amélioré aux légumes frais pour plus de 120 000 personnes suite à la mise en place de ces recommandations

Ces recommandations ont été utilisées afin de mettre en place un plan d’action sur 10 ans dans plusieurs régions d’Afrique. Il a été développé dans quatre régions riches en biodiversité de légumes mais aussi dans lesquelles la malnutrition est élevée afin d’étudier les associations avec une amélioration de l’alimentation.

Entre 2021 et 2024, des variétés prometteuses ont été cultivées dans des jardins scolaires, familiaux et communautaires. Elles ont permis à plus de 120 000 personnes dont 30 000 enfants, de bénéficier de légumes frais à domicile ou dans les écoles (World Vegetable Center, 2025).

La faible consommation de légumes, une problématique multifactorielle à l’échelle mondiale
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