Nutrition personnalisée : la fin du paradigme du régime unique pour des habitudes alimentaires durables

Avis d’expert : Nutrition personnalisée, avantages et limites pour des changements du comportement durable : 2 questions à Julie-Anne Nazare

Julie-Anne Nazare Enseignante-chercheure en nutrition, Docteure en physiologie de la nutrition
Laboratoire CarMeN, Université Lyon 1
A propos de l’auteur

Julie-Anne NAZARE est ingénieure en alimentation et nutrition, et docteure en physiologie de la nutrition. Après une thèse à Lyon et un post-doctorat à l’Université Laval (Québec), elle devient maître de conférences à l’Université Lyon 1 et directrice du Centre de Recherche en Nutrition Rhône-Alpes jusqu’en 2024. Chercheuse au laboratoire CarMeN (équipe « DO IT ») sur l’évaluation de la santé et des maladies liées à la nutrition, elle porte un intérêt particulier pour les propriétés fonctionnelles des aliments, la modulation du microbiote intestinal et le profil cardiométabolique. Elle développe des modèles expérimentaux de défis nutritionnels et des signatures métaboliques intégratives des interactions alimentation–microbiote–hôte. Elle participe ou coordonne plusieurs projets de recherche nationaux et internationaux, avec une forte expérience en recherche collaborative.

Plus de personnalisation signifie plus d’efficacité et des changements de comportements alimentaires plus durables. Vrai

L’objectif même de la nutrition personnalisée est d’améliorer à la fois l’efficacité et la pérennité des changements de comportement alimentaire. En lien avec les recommandations populationnelles générales qui s’adressent à des groupes larges, la personnalisation vise à adapter les conseils à l’individu en prenant en compte son comportement alimentaire mais aussi son environnement social et familial, ses contraintes économiques et organisationnelles, sa culture, ses préférences, mais aussi ses paramètres biologiques (métabolisme, microbiote, âge, sexe, état de santé). L’idée n’est pas seulement de transmettre une information nutritionnelle, mais de se demander si la personne a les moyens (qu’ils soient physiques, cognitifs, organisationnels, financiers, etc.), le temps, les compétences culinaires et l’environnement favorable pour appliquer les recommandations de manière durable.

Dans les études d’intervention nutritionnelle, on observe généralement des « répondeurs » et des « non-répondeurs », c’est-à-dire qu’une partie des individus vont bénéficier de l’intervention quand d’autres n’auront aucun effet bénéfique (voire un effet négatif) à la même intervention. La personnalisation vise justement à comprendre pourquoi certaines interventions fonctionnent chez certains et pas chez d’autres, à identifier les déterminants à activer chez ces personnes pour proposer à chacun l’intervention qui sera le plus efficace.

Également, plus on personnalise, plus on rend la personne actrice de son changement vers des modes de vie plus sains et de ses choix et capable de pouvoir les mettre en place. Ce sentiment d’appropriation augmente la motivation et favorise l’adhérence sur le long terme, ce qui augmente les bénéfices en matière de qualité de vie et in fine de santé.

Plus de personnalisation signifie plus d’efficacité et des changements de comportements alimentaires plus durables. Vrai

L’objectif même de la nutrition personnalisée est d’améliorer à la fois l’efficacité et la pérennité des changements de comportement alimentaire. En lien avec les recommandations populationnelles générales qui s’adressent à des groupes larges, la personnalisation vise à adapter les conseils à l’individu en prenant en compte son comportement alimentaire mais aussi son environnement social et familial, ses contraintes économiques et organisationnelles, sa culture, ses préférences, mais aussi ses paramètres biologiques (métabolisme, microbiote, âge, sexe, état de santé). L’idée n’est pas seulement de transmettre une information nutritionnelle, mais de se demander si la personne a les moyens (qu’ils soient physiques, cognitifs, organisationnels, financiers, etc.), le temps, les compétences culinaires et l’environnement favorable pour appliquer les recommandations de manière durable.

Dans les études d’intervention nutritionnelle, on observe généralement des « répondeurs » et des « non-répondeurs », c’est-à-dire qu’une partie des individus vont bénéficier de l’intervention quand d’autres n’auront aucun effet bénéfique (voire un effet négatif) à la même intervention. La personnalisation vise justement à comprendre pourquoi certaines interventions fonctionnent chez certains et pas chez d’autres, à identifier les déterminants à activer chez ces personnes pour proposer à chacun l’intervention qui sera le plus efficace.

Également, plus on personnalise, plus on rend la personne actrice de son changement vers des modes de vie plus sains et de ses choix et capable de pouvoir les mettre en place. Ce sentiment d’appropriation augmente la motivation et favorise l’adhérence sur le long terme, ce qui augmente les bénéfices en matière de qualité de vie et in fine de santé.

Malgré son efficacité avérée, la personnalisation présente des défis. Vrai

Si la nutrition personnalisée est prometteuse, elle comporte aussi de nombreux défis. Le premier consiste à identifier les bons déterminants pour chacun parmi une multitude de facteurs biologiques, psychologiques, sociaux, économiques et environnementaux : cela nécessite de collecter beaucoup de données de différentes natures, avec toutes les contraintes associées : quels paramètres, comment les mesurer, quels équipements, où les stocker, et surtout comment les compiler pour en extraire des recommandations personnalisées (modélisation, intelligence artificielle, etc.).

Elle peut impliquer également davantage de temps et de ressources humaines, notamment pour les diététicien.ne.s ou les séances d’éducation thérapeutique, ce qui pose la question des moyens nécessaires pour une implémentation à grande échelle. Si l’investissement initial est plus élevé que pour des recommandations générales, les bénéfices attendus se situent à long terme, en matière de prévention et d’années de vie en bonne santé. S’ajoutent des enjeux éthiques liés à la collecte et à la protection des données personnelles (RGPD, sécurisation des données), ainsi qu’un risque d’accentuation des inégalités, les publics les plus vulnérables étant souvent les plus difficiles à atteindre. D’un autre côté, une approche personnalisée représente une opportunité de pouvoir cibler les freins et leviers spécifiques à ces populations. Dans ce contexte, les applications pourraient être une solution complémentaire pour accompagner les professionnels de santé dans leur prise en charge, en leur permettant de récolter les données en vie réelle ; ou pour permettre aux individus de suivre et évaluer leur mode de vie. Plusieurs sont en cours de développement ou d’évaluation dans le cadre de projet de recherche nationaux ou européens.

Le principal enjeu consiste à concilier des recommandations de santé publique, forcément générales, avec une personnalisation réellement opérationnelle, dans un contexte de ressources limitées. La nutrition personnalisée est prometteuse, mais son déploiement exige des outils fiables, une protection rigoureuse des données et une attention particulière aux inégalités pour qu’elle bénéficie durablement à tous.

Malgré son efficacité avérée, la personnalisation présente des défis. Vrai

Si la nutrition personnalisée est prometteuse, elle comporte aussi de nombreux défis. Le premier consiste à identifier les bons déterminants pour chacun parmi une multitude de facteurs biologiques, psychologiques, sociaux, économiques et environnementaux : cela nécessite de collecter beaucoup de données de différentes natures, avec toutes les contraintes associées : quels paramètres, comment les mesurer, quels équipements, où les stocker, et surtout comment les compiler pour en extraire des recommandations personnalisées (modélisation, intelligence artificielle, etc.).

Elle peut impliquer également davantage de temps et de ressources humaines, notamment pour les diététicien.ne.s ou les séances d’éducation thérapeutique, ce qui pose la question des moyens nécessaires pour une implémentation à grande échelle. Si l’investissement initial est plus élevé que pour des recommandations générales, les bénéfices attendus se situent à long terme, en matière de prévention et d’années de vie en bonne santé. S’ajoutent des enjeux éthiques liés à la collecte et à la protection des données personnelles (RGPD, sécurisation des données), ainsi qu’un risque d’accentuation des inégalités, les publics les plus vulnérables étant souvent les plus difficiles à atteindre. D’un autre côté, une approche personnalisée représente une opportunité de pouvoir cibler les freins et leviers spécifiques à ces populations. Dans ce contexte, les applications pourraient être une solution complémentaire pour accompagner les professionnels de santé dans leur prise en charge, en leur permettant de récolter les données en vie réelle ; ou pour permettre aux individus de suivre et évaluer leur mode de vie. Plusieurs sont en cours de développement ou d’évaluation dans le cadre de projet de recherche nationaux ou européens.

Le principal enjeu consiste à concilier des recommandations de santé publique, forcément générales, avec une personnalisation réellement opérationnelle, dans un contexte de ressources limitées. La nutrition personnalisée est prometteuse, mais son déploiement exige des outils fiables, une protection rigoureuse des données et une attention particulière aux inégalités pour qu’elle bénéficie durablement à tous.

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