En bref
Découvrez cinq articles scientifiques récents issus de notre veille sur l’alimentation, la santé et la durabilité.
Une étude systématique a résumé les données concernant l’efficacité d’interventions visant à augmenter la consommation de légumes dans divers contextes. Au total, 20 revues systématiques ont été inclues dans ce travail. La plupart d’entre elles ciblaient des environnements scolaires ou des environnements communautaires/domestiques. La petite enfance et les lieux de travail ont fait l’objet d’une étude chacun. Dans l’ensemble, une augmentation moyenne de 0.12 portions de légumes par jour a été observée pour chaque contexte étudié. Les augmentations les plus importantes ont été rapportées pour les interventions en milieu scolaire et à domicile, la plus importante allant jusqu’à 0.42 portion supplémentaire par jour. Les interventions portant simultanément sur plusieurs environnements ont produit des effets plus importants.
Brooker PG, Poelman AAM, Livingstone KM, Collins CE, Mihrshahi S, Sambell R, Wu JHY, Hendrie GA. Consolidating the evidence on the effectiveness of strategies to promote vegetable intake in priority settings: An overview of systematic reviews. J Hum Nutr Diet. 2025 Feb;38(1):e13398.
Une étude transversale a examiné la relation entre différentes dimensions de la durabilité parmi les aliments jugés culturellement acceptables par des jeunes portugais. Sur la base des consommations alimentaire de 521 enfants et 633 adolescents, les impacts nutritionnels, environnementaux et économiques, ainsi qu’un score de durabilité ont été évalués pour chaque aliment. Dans cette analyse, la qualité nutritionnelle est positivement corrélée aux émissions de gaz à effet de serre et au coût, et inversement corrélée à la transformation industrielle des aliments. Seuls 10% des aliments analysés ont obtenu un score de durabilité maximal : les fruits et légumes frais et transformés, les légumineuses, pâtes, riz et autres céréales, les pommes de terre, ainsi que les jus de fruits et les nectars. Ce travail suggère que les aliments les plus nutritifs ont tendance à avoir un impact environnemental et un coût plus élevés, alors que peu d’options alimentaires sont à la fois nutritives et peu impactantes pour l’environnement, parmi les aliments culturellement acceptables dans cette population.
Rei M, Walker C, Bergin A, Kearney J, Rodrigues S. Identifying sustainable foods from among those culturally acceptable by Portuguese children and adolescents (3-17 years old). Crit Rev Food Sci Nutr. 2024 Nov 29:1-15.
Une étude a évalué l’association entre le rejet d’aliments et l’appréciation tactile chez les enfants de trois ans. Au total, 259 enfants et 289 parents ont participé au projet. Le rejet des aliments a été mesuré à l’aide d’un test de goût ad libitum, consistant à faire essayer 4 types de légumes aux enfants. Les parents ont quant à eux rempli l’échelle de rejet alimentaire de l’enfant en y indiquant leurs préférences parmi une liste de 14 légumes et 11 fruits. L’appréciation tactile a été mesurée via une tâche comportementale au cours de laquelle les enfants devaient toucher 5 objets différents et indiquer le caractère agréable de la sensation. Les résultats montrent qu’un rejet plus fort des aliments est associé à une aversion pour les textures. De même, le rejet des aliments déclaré par les parents est positivement associé à la sensibilité tactile des enfants. Ces résultats suggèrent que le rejet de certains aliments ne dépend pas uniquement du goût mais également des textures. Améliorer l’appréciation des textures par les enfants constituerait une stratégie pertinente pour augmenter la consommation d’aliments sains chez les enfants considérés comme “difficiles”.
van den Brand AJP, Hendriks-Hartensveld AEM, Havermans RC, Mourmans R, Fleischeuer B, Broers NJ, Nederkoorn C. Food rejection is associated with tactile sensitivity and tactile appreciation in three-year-old children. Appetite. 2025 Jan 1;204:107769. doi: 10.1016/j.appet.2024.107769. Epub 2024 Nov 14. PMID: 39547532.
Une étude a examiné l’association entre à l’adhésion à des régimes à base de plantes et le risque de fragilité. L’objectif était de déterminer si cette association est modérée par le sexe ainsi que le revenu. Les données de 73 180 sujets de 55 ans en moyenne issus de la cohorte UK Biobank ont été recueillies. Les régimes ont été évalués, en distinguant une alimentation à base de plantes saine (hPDI) et malsaine (uPDI). La fragilité a été évaluée selon les critères phénotypiques de Fried . L’analyse révèle que l’adhésion à un régime à dominante végétale déséquilibré est associée à un risque plus élevé de 7,7% de fragilité. Cette association est d’autant plus marquée chez les hommes à faible revenu et mais ne s’explique pas pour autant par des facteurs liés au mode de vie. Des interventions ciblant ce groupe de population en particulier permettraient notamment d’améliorer la qualité de l’alimentation.
Schorr K, Rodriguez-Girondo M, den Berg NV, de Groot LC, Slagboom PE, Beekman M. Unhealthful plant-based diet associates with frailty risk predominantly in men with low income from the UK Biobank cohort. J Nutr Health Aging. 2024 Dec 20;29(3):100463.
Une étude a examiné les associations entre l’exposition alimentaire des jeunes enfants et la qualité de leur alimentation. Les données des études PEAS et Sprouts ont été recueillies puis analysées. Les parents interrogés ont rempli un questionnaire évaluant les traits d’approche et d’évitement de la nourriture ainsi que des questionnaires sur la fréquence de consommation des aliments. Les résultats suggèrent que la qualité de l’alimentation des jeunes enfants au cours des deux premières années de vie est positivement associée à l’exposition aux fruits et légumes et négativement aux aliments à limiter. Ces associations sont modérées, à l’âge de 1 an, par les comportements d’évitement alimentaire de l’enfant, suggérant une possible fenêtre critique d’exposition aux fruits et légumes pour les enfants ayant un plus grand comportement néophobe.
Nansel TR, Channell-Doig A, Lipsky LM, Burger K, Shearrer G, Siega-Riz AM, Ma Y. Prospective associations of infant food exposures and appetitive traits with early childhood diet quality. Int J Behav Nutr Phys Act. 2024 Dec 18;21(1):143.