Maladies inflammatoires chroniques de l'intestin : le rôle de l'alimentation dans la prévention et la progression

En pratique : Maladies inflammatoires chroniques de l’intestin – 5 conseils pour une alimentation sereine au quotidien

Il n’existe, à ce jour, pas de traitement curatif connu pour les maladies inflammatoires chroniques de l‘intestin (MICI). Les phases de poussées qui les caractérisent peuvent être très handicapantes pour les malades au quotidien ; à la fois douloureuses et contraignantes pour la vie sociale et familiale. Pour les personnes malades, l’alimentation est un aspect qui peut être particulièrement difficile à gérer. Par peur de souffrir, de nombreux malades excluent certains aliments ou groupes d’aliments. A force de ne plus savoir quoi manger, s’alimenter devient un fardeau, et non plus un plaisir. Pourtant, l’alimentation peut devenir une alliée pour gérer la maladie, et ses symptômes. On vous livre ci-dessous 5 conseils pour vous aider à mieux gérer votre alimentation au quotidien avec une MICI.

CONSEILS PRATIQUES
1
Maintenir un régime alimentaire varié

Vis-à-vis des MICI, aucun régime d’exclusion définitive n’est indiqué. L’alimentation n’influant pas sur le cours de la maladie, il n’est donc pas nécessaire de suivre un régime particulier (Guide patient ALD n°24, HAS, 2019). Toutefois, la peur de certains aliments, et notamment des fruits et légumes, peut rapidement s’installer, notamment lors des phases les plus douloureuses de la maladie. Des privations trop conséquentes peuvent entraîner des risques de carences et/ou de dénutrition. De plus, restreindre votre alimentation peut altérer la relation à la nourriture, et renforcer ces éventuels sentiments de peur et de frustration. Ainsi, il est essentiel de ne pas tester de régimes alimentaires sans en avoir discuté au préalable avec un professionnel de santé, que ce soit un diététicien spécialiste des MICI, un gastro-entérologue ou votre médecin. De même, en période de rémission, efforcez-vous de remanger de tout progressivement, sans vous priver pour profiter des bienfaits et nutriments importants apportés par chacun des groupes d’aliments.

2
Phase de poussée : Adapter sans supprimer

Dans le régime d’épargne intestinale souvent adopté en cas de poussée, la consommation de fruits et légumes est largement restreinte voir supprimée afin de tenter d’atténuer les symptômes perçus. Et pourtant, des adaptations culinaires sont envisageables pour continuer à profiter de leurs bienfaits, et éviter de renforcer le sentiment de peur vis-à-vis de ce groupe d’aliments. Compotes, purées, smoothies, coulis, infusions d’herbes…sont autant de recettes à tester et à personnaliser en fonction de vos goûts. Cela peut aussi être l’occasion d’exprimer sa créativité culinaire et de faire travailler son imagination, seul ou en famille, pour créer de nouvelles saveurs.

3
Adopter une alimentation fractionnée

Fractionner son alimentation consiste à augmenter le nombre de prises alimentaires quotidiennes (entre 4 et 6) tout en diminuant la quantité ingérée. Cela permet de faciliter la digestion des repas. En effet, en période de poussée, de gros volumes de nourriture à digérer pourrait entraîner une inflammation intestinale additionnelle. Réduire ses portions peut également aider à gérer une éventuelle perte d’appétit causée par les douleurs.

Cette bonne pratique peut aussi être utile pour faciliter l’élargissement du répertoire alimentaire : les aliments à réintégrer peuvent être isolés, testés en petite quantité et les éventuelles problématiques qui en découlent, mieux identifiées.

4
Conserver le plaisir et la convivialité liés aux repas

Les repas, et l’alimentation de manière plus globale, sont vecteurs de liens sociaux, de partage et de convivialité. Or, les symptômes associés aux MICI créent, a fortiori, un isolement de la personne malade. Déjeuner le plus souvent possible entre collègues, prendre le dîner en famille ou entre amis, ou même manger entre patients permet de maintenir ces liens. Pour y parvenir, même les astuces les plus simples peuvent être bénéfiques : manger autant que possible les mêmes plats en adaptant les cuissons et les formes à la phase de la maladie, se mettre à table avec ses proches même quand l’appétit est absent ou encore déguster de nouvelles recettes avec son entourage.

5
Prendre soin de son mode de vie

Si aucun traitement ne permet de guérir définitivement ces maladies, adapter son mode de vie peut aider à réduire l’intensité et la fréquence des poussées. Adopter une alimentation équilibrée, avec des fibres alimentaires en-dehors des phases actives, privilégier les produits bruts et le fait maison, limiter sa consommation d’aliments ultra-transformés et d’additifs alimentaires sont autant de bonnes pratiques qui pourront avoir un effet favorable sur l’inflammation intestinale.

De même, au-delà du contenu de l’assiette, bien mastiquer, bien s’hydrater, avoir un sommeil de qualité, pratiquer une activité physique régulière adaptée font partie des leviers sur lesquels s’appuyer pour améliorer les symptômes et leur gestion au quotidien. Plus largement, intégrer une association, comme l’Afa, participer à des groupes de paroles entre patients, s’informer via des congrès et journées peut aider à réduire l’isolement ressenti face aux symptômes.

Retour Voir l'article suivant