Maladies inflammatoires chroniques de l'intestin : le rôle de l'alimentation dans la prévention et la progression

Avis d’expert – Syndrome de l’intestin irritable et maladies inflammatoires de l’intestin : 2 questions à Julien Scanzi

Photo Julien Scanzi
Julien Scanzi Gastroentérologue
CHU Clermont
A propos de l’auteur

Julien Scanzi est gastroentérologue à l’hôpital de Thiers et au CHU de Clermont-Ferrand. Spécialiste du microbiote intestinal, il a écrit plusieurs livres sur l’importance du microbiote pour la santé. Il fait également de la vulgarisation scientifique sur le sujet sur les réseaux sociaux.

Le syndrome de l’intestin irritable est une maladie inflammatoire chronique de l’intestin. Idée reçue n°1 Faux

Le syndrome de l’intestin irritable est souvent confondu avec les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, mais il s’agit en réalité de deux pathologies distinctes. Bien qu’elles partagent certains symptômes comme que les troubles du transit, les ballonnements ou les diarrhées, le syndrome de l’intestin irritable n’est pas une maladie inflammatoire.

Le syndrome de l’intestin irritable est une pathologie fonctionnelle, ce qui signifie qu’il n’y a pas d’inflammation visible mais un dysfonctionnement de l’intestin, souvent lié à un dérèglement de l’axe intestin-cerveau . Ce syndrome se manifeste par des douleurs abdominales associées à des troubles du transit (diarrhée, constipation ou alternance des deux) et des ballonnements. En revanche, les maladies inflammatoires de l’intestin comme la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique, se caractérisent par une inflammation marquée de la muqueuse intestinale, visible lors des examens médicaux. Cette inflammation peut entraîner des saignements digestifs ainsi qu’une anémie.

Dans le cas du syndrome de l’intestin irritable, les examens (coloscopie, analyses sanguines, échographie, etc.) ne révèlent aucune anomalie, ce qui complique le diagnostic, qui repose essentiellement sur l’observation des symptômes et l’exclusion d’autres pathologies. On note souvent un terrain anxieux, pouvant favoriser l’apparition de ce syndrome. 

Le mode de vie joue un rôle important dans ces pathologies. Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin peuvent être influencées par des facteurs environnementaux tels que l’utilisation précoce d’antibiotiques ou une alimentation ultra-transformée. Le syndrome de l’intestin irritable est souvent déclenché ou aggravé par le stress, l’anxiété ou des infections digestives. Dans les deux cas, on observe une perturbation du microbiote intestinal, avec une baisse de sa diversité et une augmentation des bactéries inflammatoires au détriment des bactéries bénéfiques.

Enfin, les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin peuvent augmenter le risque de cancer colorectal, ce qui n’est pas le cas du syndrome de l’intestin irritable, puisqu’il n’entraîne pas d’inflammation chronique de la muqueuse intestinale.

Le syndrome de l’intestin irritable est une maladie inflammatoire chronique de l’intestin. Idée reçue n°1 Faux

Le syndrome de l’intestin irritable est souvent confondu avec les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, mais il s’agit en réalité de deux pathologies distinctes. Bien qu’elles partagent certains symptômes comme que les troubles du transit, les ballonnements ou les diarrhées, le syndrome de l’intestin irritable n’est pas une maladie inflammatoire.

Le syndrome de l’intestin irritable est une pathologie fonctionnelle, ce qui signifie qu’il n’y a pas d’inflammation visible mais un dysfonctionnement de l’intestin, souvent lié à un dérèglement de l’axe intestin-cerveau . Ce syndrome se manifeste par des douleurs abdominales associées à des troubles du transit (diarrhée, constipation ou alternance des deux) et des ballonnements. En revanche, les maladies inflammatoires de l’intestin comme la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique, se caractérisent par une inflammation marquée de la muqueuse intestinale, visible lors des examens médicaux. Cette inflammation peut entraîner des saignements digestifs ainsi qu’une anémie.

Dans le cas du syndrome de l’intestin irritable, les examens (coloscopie, analyses sanguines, échographie, etc.) ne révèlent aucune anomalie, ce qui complique le diagnostic, qui repose essentiellement sur l’observation des symptômes et l’exclusion d’autres pathologies. On note souvent un terrain anxieux, pouvant favoriser l’apparition de ce syndrome. 

Le mode de vie joue un rôle important dans ces pathologies. Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin peuvent être influencées par des facteurs environnementaux tels que l’utilisation précoce d’antibiotiques ou une alimentation ultra-transformée. Le syndrome de l’intestin irritable est souvent déclenché ou aggravé par le stress, l’anxiété ou des infections digestives. Dans les deux cas, on observe une perturbation du microbiote intestinal, avec une baisse de sa diversité et une augmentation des bactéries inflammatoires au détriment des bactéries bénéfiques.

Enfin, les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin peuvent augmenter le risque de cancer colorectal, ce qui n’est pas le cas du syndrome de l’intestin irritable, puisqu’il n’entraîne pas d’inflammation chronique de la muqueuse intestinale.

Les maladies inflammatoires de l’intestin sont incurables mais des traitements existent pour améliorer la qualité de vie des patients. Idée reçue n°2 Vrai

Les maladies inflammatoires de l’intestin restent incurables à ce jour. Toutefois, il existe des traitements pour moduler le système immunitaire et prolonger les périodes de rémission. Ces traitements doivent généralement être pris en continu, leur interruption pouvant entraîner une rechute. Cependant, la recherche avance et de nouvelles thérapies offrant des perspectives encourageantes pourraient voir le jour dans les prochaines années.

Concernant le syndrome de l’intestin irritable, il n’existe pas de traitement spécifique, mais différentes approches permettent de soulager les symptômes : adaptation alimentaire, gestion du stress, probiotiques, et médicaments symptomatiques. Bien que bénin, le syndrome de l’intestin irritable peut avoir un impact considérable sur la qualité de vie des patients, en fonction de la fréquence et de l’intensité des symptômes.

Lorsque ces pathologies affectent fortement la vie personnelle et professionnelle, il est possible d’avoir une reconnaissance en tant que travailleur handicapé.

Pour améliorer le quotidien des patients atteints de maladies inflammatoires de l’intestin ou de syndrome de l’intestin irritable, une adaptation du mode de vie est essentielle. Le régime méditerranéen, riche en fruits, légumes, légumineuses et pauvre en viandes rouges et aliments ultra-transformés, semble bénéfique sur le long terme. Alors qu’autrefois les régimes sans résidus étaient privilégiés, on reconnaît aujourd’hui l’importance des fibres, notamment en période de rémission des MICI. Les fibres favorisent l’équilibre du microbiote et modulent l’immunité intestinale, réduisant ainsi l’inflammation.

Cependant, certains aliments riches en fibres peuvent être mal tolérés du fait d’une hypersensibilité intestinale fréquente dans ces pathologies, et un régime pauvre en FODMAPs peut s’avérer parfois utile pour limiter l’inconfort digestif. Un accompagnement diététique personnalisé est donc essentiel pour adapter l’alimentation à chaque cas. Malheureusement, l’absence de remboursement des consultations diététiques reste un frein pour de nombreux patients.

L’activité physique régulière, un sommeil de qualité et une bonne gestion du stress jouent également un rôle clé dans ces pathologies.

Les maladies inflammatoires de l’intestin sont incurables mais des traitements existent pour améliorer la qualité de vie des patients. Idée reçue n°2 Vrai

Les maladies inflammatoires de l’intestin restent incurables à ce jour. Toutefois, il existe des traitements pour moduler le système immunitaire et prolonger les périodes de rémission. Ces traitements doivent généralement être pris en continu, leur interruption pouvant entraîner une rechute. Cependant, la recherche avance et de nouvelles thérapies offrant des perspectives encourageantes pourraient voir le jour dans les prochaines années.

Concernant le syndrome de l’intestin irritable, il n’existe pas de traitement spécifique, mais différentes approches permettent de soulager les symptômes : adaptation alimentaire, gestion du stress, probiotiques, et médicaments symptomatiques. Bien que bénin, le syndrome de l’intestin irritable peut avoir un impact considérable sur la qualité de vie des patients, en fonction de la fréquence et de l’intensité des symptômes.

Lorsque ces pathologies affectent fortement la vie personnelle et professionnelle, il est possible d’avoir une reconnaissance en tant que travailleur handicapé.

Pour améliorer le quotidien des patients atteints de maladies inflammatoires de l’intestin ou de syndrome de l’intestin irritable, une adaptation du mode de vie est essentielle. Le régime méditerranéen, riche en fruits, légumes, légumineuses et pauvre en viandes rouges et aliments ultra-transformés, semble bénéfique sur le long terme. Alors qu’autrefois les régimes sans résidus étaient privilégiés, on reconnaît aujourd’hui l’importance des fibres, notamment en période de rémission des MICI. Les fibres favorisent l’équilibre du microbiote et modulent l’immunité intestinale, réduisant ainsi l’inflammation.

Cependant, certains aliments riches en fibres peuvent être mal tolérés du fait d’une hypersensibilité intestinale fréquente dans ces pathologies, et un régime pauvre en FODMAPs peut s’avérer parfois utile pour limiter l’inconfort digestif. Un accompagnement diététique personnalisé est donc essentiel pour adapter l’alimentation à chaque cas. Malheureusement, l’absence de remboursement des consultations diététiques reste un frein pour de nombreux patients.

L’activité physique régulière, un sommeil de qualité et une bonne gestion du stress jouent également un rôle clé dans ces pathologies.

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