Maladies chroniques et grossesse : une consommation élevée de légumes associée à un stress plus faible
Les femmes enceintes atteintes de maladie chronique présentent un risque accru de stress psychologique pendant leur grossesse. Une étude observationnelle menée en Chine s’est intéressée aux liens entre alimentation et stress durant la grossesse. Elle suggère qu’une consommation élevée de légumes est associée à une meilleure réponse anti-inflammatoire et à un niveau de stress psychologique plus faible. Ces résultats soulignent l’intérêt d’une prise en charge nutritionnelle pour soutenir la santé mentale pendant la grossesse.
Tensions avec le conjoint ou les proches, rendez-vous médicaux, inquiétudes liées au travail ou à l’arrivée de l’enfant, complications éventuelles … Pendant leur grossesse, les femmes sont fréquemment exposées au stress psychologique.
Cette situation est encore accentuée chez les femmes atteintes de maladies chroniques. Elles doivent, en effet, gérer à la fois leur grossesse, leur pathologie préexistante, ainsi que l’inquiétude liées complications éventuelles que leur maladie fait peser sur leur grossesse (Merz et al., 2022). Or, stress comme maladie chronique peuvent influencer la santé des femmes et de l’enfant à naitre (Caparros-Gonzalez et al., 2021), notamment par une dérégulation de la réponse inflammatoire. (Merz et al., 2022).
L’alimentation étant un facteur susceptible de réduire le niveau d’inflammation et de stress de l’organisme, une étude récente (Wong et al. 2025) a examiné l’effet de la consommation de légumes sur la relation entre les antécédents de maladie chronique et le niveau de stress de femmes enceintes.
Une consommation élevée de légumes est associée à une réponse anti-inflammatoire favorable et un stress plus faible
Sur les quelques 240 femmes enceintes inclues dans ce travail, celles atteintes d’une maladie chronique présentaient un niveau de stress psychologique supérieur à celui des autres participantes. Cette affection étant associée à une dérégulation de la réponse inflammatoire (Szabo et al., 2020), les auteurs ont mesuré la présence d’interleukine-10 (Il-10) chez les participantes, une cytokine qui contribue à limiter l’inflammation.
Chez les femmes ayant une maladie chronique et une consommation importante de légumes – au moins 4 à 5 portions par jour -les chercheurs observent des concentrations plus élevées d’IL-10. Leur réponse anti-inflammatoire est ainsi comparable, voire supérieure, à celle des femmes ne souffrant pas de maladie chronique. Cette augmentation est associée à un niveau de stress psychologique plus faible.
D’autre part, cet effet n’est pas observé chez les participantes ne souffrant pas de maladie chronique.
Ces résultats suggèrent que cette modulation de la réponse anti-inflammatoire pourrait contribuer à expliquer l’association observée entre une consommation élevée de légumes et un niveau de stress psychologique plus faible.
La consommation de légumes pourrait, ainsi, être associée à un profil inflammatoire plus favorable et à un niveau de stress psychologique plus faible chez les femmes enceintes atteintes de maladie chronique.
Les fibres et polyphénols des légumes impliqués dans la régulation de l’inflammation
Ces résultats sont cohérents avec plusieurs études suggérant un effet bénéfique d’habitudes alimentaires saines, notamment la consommation de légumes, sur les niveaux de stress (Khaled et al., 2020).
Afin d’expliquer les résultats obtenus chez les femmes atteintes de maladies chroniques, les auteurs rappellent que les légumes contiennent plusieurs composés susceptibles de contribuer aux processus anti-inflammatoires (Liu, 2013) :
- Les fibres réduisent l’inflammation en favorisant une meilleure intégrité de la barrière intestinale. Cette moindre inflammation influence le fonctionnement du cerveau, notamment les niveaux de neurotransmetteurs associés aux symptômes dépressifs. (Swann et al., 2019).
- Les polyphénols exercent également de nombreuses actions anti-inflammatoires. Ils simulent notamment la production de la cytokine IL-10. (Yahfoufi et al., 2018).
- Certaines vitamines présentes dans les légumes, sont également impliquées dans la régulation des processus inflammatoires.
Prise en charge nutritionnelle : encourager la consommation de légumes pourrait favoriser la santé mentale
Le stress psychologique pendant la grossesse peut avoir des conséquences sur la santé de la mère ou de l’enfant, avec notamment des associations décrites avec un risque de prééclampsie, faible poids de naissance ou morbidité néonatale (Traylor et al., 2020).
En complément du suivi global des femmes, les résultats de cette étude suggèrent donc l’intérêt d’une prise en charge nutritionnelle, visant notamment une consommation adéquate de légumes, chez les femmes enceintes atteintes de maladies chroniques.
Afin d’approfondir ces travaux, les auteurs invitent à mener des études d’intervention pour confirmer ces effets et mieux comprendre les mécanismes en jeu. Elles pourraient porter sur de populations plus larges ou ciblées selon le type de maladie chronique, afin de préciser les bénéfices d’une alimentation riche en légumes pour la santé mentale.
Basé sur: Wong R. S., Tung K. T. S., Ip P. K. P., Vegetable intake is associated with lower psychological stress via increased anti-inflammatory responses in pregnant women with chronic diseases, Brain, Behavior, & Immunity – Health, Volume 49, 2025, 101106, ISSN 2666-3546
- Lors de la grossesse, les femmes atteintes de maladie chronique sont plus sujettes au stress psychologique.
- Une consommation élevée de légumes chez ces femmes est associée à une augmentation de la cytokine anti-inflammatoire IL-10 et à un niveau de stress psychologique plus faible, suggérant un rôle de la réponse inflammatoire dans cette association.
- Une consommation suffisante de légumes pendant la grossesse pourrait contribuer au maintien de la santé mentale.