En pratique – Prévention nutritionnelle : les fruits et légumes, des enjeux et des bénéfices à chaque âge
A l’échelle mondiale, les régimes alimentaires malsains représentent un des premiers facteurs de risque pour la santé (GBD, 2017). Aider la population à se rapprocher des recommandations de santé publique est ainsi un levier essentiel de prévention. La consommation régulière de fruits et légumes est particulièrement intéressante pour leur densité nutritionnelle élevée et leur faible densité énergétique. Leur consommation joue, ainsi, un rôle protecteur vis-à-vis des maladies chroniques – maladies cardiovasculaires, diabète de type 2, cancers – du surpoids et de l’obésité (FAO/WHO, 2020). En France, une part importante de la population – notamment les jeunes générations et les populations les plus modestes – présente des apports largement inférieurs aux recommandations. Découvrez, pour différentes tranches d’âges, à l’instar du bilan de prévention, les freins à la consommation de fruits et légumes et des leviers permettant d’aider vos patients à les surmonter.
La néophobie alimentaire est une phase normale du développement de l’enfant. Déroutante pour de nombreux parents, cette étape demande de leur part de la patience et de la persévérance. Il est ainsi essentiel de les soutenir et les encourager à continuer de proposer des fruits et légumes variés à leurs enfants, sans les forcer, malgré les refus. Plusieurs leviers peuvent contribuer à améliorer les choses : augmenter la connaissance et la familiarité de l’enfant avec les fruits et légumes en montrant l’aliment brut non cuisiné, lors des courses ou en cuisinant ensemble par exemple, mais également par le biais du jeu (dinette, mémory …) et de l’imaginaire (histoire, comptines). Autres leviers : proposer les fruits et légumes sous différentes formes (purée, rondelles, lamelles, râpé, cru, cuit, etc), miser sur les associations avec des aliments appréciés de l’enfant (gratin légume – pomme de terre, pâtes avec une sauce à base de légume), proposer des présentations ludiques : glaçon de soupe froide l’été, assiette par couleur, etc.
Changements hormonaux, variations de poids, inquiétudes vis-à-vis de son apparence physique, l’adolescence est une période difficile pour de nombreux jeunes qui peut affecter leur alimentation. C’est également une étape de prise d’autonomie, avec des repas plus fréquemment pris à l’extérieur, dont l’équilibre n’est potentiellement pas adapté. Enfin, la fameuse “crise d’adolescence” peut aussi venir perturber les repas pris en famille, avec parfois le refus de consommer des aliments « bons pour la santé » plébiscités par les parents. Plusieurs clés peuvent permettre à vos patients d’accompagner leurs ados sans clash : s’emparer du sujet et ouvrir la discussion avec eux dessus permet d’instaurer un environnement propice pour qu’ils puissent poser leur questions et développer leur esprit critique ; les rendre acteurs des repas familiaux en discutant ensemble des menus de la semaine, en cuisinant à 4 mains ou en leur laissant la main aux fourneaux ; les aider à prendre/conserver le réflexe fruits et légumes en revisitant leurs plats préférés pour y inclure des légumes ; ou en laissant une corbeille de fruits à portée de main pour combler leurs petits creux.
Les jeunes adultes sont en France l’un de groupes de population ayant les plus faibles consommations de fruits et légumes, avec plus de 65% des 18-35 ans consommant moins de 3,5 portions par jour (Crédoc, 2019). Cette phase de vie est en effet riche en changements : départ du foyer familial, études, entrée dans la vie active, budget contraint à gérer en autonomie… qui peuvent affecter les habitudes alimentaires. Face à un public qui peut manquer de temps et de compétences culinaires, les inspirations positives et les astuces simples sont de mise. Il s’agit de leur permettre de prendre conscience du sujet et leur montrer, sans injonction, que la consommation de fruits et légumes peut être simple et s’adapter à leur mode de vie. Le programme GOOD MOVE ou les outils « Et si on adoptait le réflexe fruits et légumes » peuvent vous aider à les accompagner.
L’arrivée d’un enfant fait partie des périodes de vie identifiées par les sciences du comportement comme propices à l’instauration de nouvelles habitudes. Pourtant, malgré l’envie de bien faire pour soi et son bébé, les changements observés ne sont pas toujours favorables. En effet, durant la grossesse, de nombreux freins pour adopter une alimentation saine sont décrits et les premiers mois avec le bébé sont identifiés comme la période la plus difficile pour les parents pour avoir une alimentation saine. L’accompagnement bienveillant des futurs/jeunes parents est ainsi crucial pour leur permettre de mettre progressivement en place des changements favorables à leur santé et renforcer leur sentiment d’auto-efficacité sur leur capacité de bien faire. C’est l’objet du compte Instagram Parlons Bavoir. Porté par des professionnels de santé et des experts de la parentalité, le compte propose un espace de partage et d’informations fiables, scientifiquement fondées, sur un ton décomplexé et non injonctif. Il peut appuyer votre discours et l’enrichir d’exemples pratiques concrets et simples pour s’alimenter sainement quand on manque de temps, bien démarrer la diversification alimentaire ou intégrer l’alimentation de l’enfant dans l’alimentation familiale.
Fin du rythme lié au travail, perte du cercle des collègues, repas du midi pris seul ou en tête-à-tête avec le conjoint… La retraite est une étape qui peut bouleverser le quotidien et avoir des répercussions sur les habitudes de vie avec une sédentarité accrue et des repas peu équilibrés. L’enjeu est d’accompagner la personne pour qu’elle se créée de nouveaux rituels tant aux plans alimentaire, social ou d’activité. Il peut notamment être difficile d’avoir la motivation et les idées pour se faire à manger à chaque repas. Dans ce cas, cuisiner en grande quantité et portionner les plats comme des lasagnes, des tartes salées, des gratins ou miser sur les préparations minutes : tartines fromage frais, jambon légumes, ou sur les salades composées. Pour être plus actif, la retraite peut être l’occasion de redécouvrir son quartier et ses commerçants de proximité. Cela peut aussi être l’occasion de créer un groupe de marche avec ses voisins, rejoindre une association sportive ou culturelle et de bénéficier des activités proposées par sa ville (yoga, gym douce, club photo …). Enfin, si on habite à proximité, ce nouveau temps libre peut être l’opportunité d’aller chercher ses petits enfants à l’école ou instaurer une sortie à pieds ou en vélo avec eux le mercredi.