En bref
L’étude transversale internationale ALIMENTAL (2021-2023) a analysé les liens entre les habitudes alimentaires et le risque de dépression chez 15 262 adultes sains issus de 24 pays. Au cours du suivi, 4 923 individus (32,2% de la cohorte) ont présenté des symptômes dépressifs. Une augmentation du risque de dépression a été observée chez les participants ayant une consommation élevée d’aliments ultra-transformés. Cette association varie selon le sexe et l’âge. Chez les 18 à 34 ans, elle est observée chez les individus des deux sexes. Chez les plus de 35 ans, cette association n’est observée que chez les femmes. A l’inverse, une alimentation riche en fruits, légumes verts et noix est associée à une réduction du risque de dépression chez les femmes, particulièrement après 35 ans. Chez les hommes, les effets varient surtout selon la tranche d’âge. Afin de pouvoir établir la causalité des associations identifiées dans ce travail, les auteurs appellent à réaliser des études de cohortes prospectives et des d’interventions randomisées.
Une étude britannique a examiné l’influence de la néophobie alimentaire à l’âge préscolaire sur les choix alimentaires à l’âge de 13 ans. 7 554 enfants ont été suivis depuis la naissance et répartis en 3 groupes selon leur sélectivité alimentaire à l’âge pré-scolaire : 26% non difficiles, 59% peu difficiles et 15% de « petits mangeurs ». Leurs consommations alimentaires lors du déjeuner ont été recueillies à l’âge de 13 ans (5 348 participants restant). Les adolescents « petits mangeurs » en bas âge étaient moins susceptibles de consommer des fruits et légumes, mais plus enclins à consommer des viandes transformées que les autres groupes. Ces tendances étaient plus marquées lorsque les repas étaient apportés de la maison plutôt que fournis par la cantine, illustrant l’influence du contexte dans lequel le repas est pris (offre alimentaire et influence des pairs par exemple). Ces conclusions soulignent la nécessité d’élaborer des interventions précoces afin de favoriser l’adoption de comportements favorables à la santé dès le plus jeune âge.
Une revue narrative a comparé la composition nutritionnelle et les effets des fruits entiers et des purs jus de fruits sur la santé. Ce travail a inclus des études épidémiologiques, des essais cliniques et des recommandations nutritionnelles officielles. Il conclue que les fruits entiers sont systématiquement associés à une réduction du risque de diabète de type 2, de maladies cardiovasculaires et de certains cancers. Ces effets protecteurs sont notamment associés à leur richesse en fibres solubles et insolubles, en polyphénols, ainsi qu’à leur faible densité énergétique et index glycémique. Les purs jus de fruits, quant à eux, conservent certaines vitamines et antioxydants, mais contiennent des teneurs réduites en fibres. Ils sont par conséquent moins rassasiants et induisent des réponses glycémique et insulinique plus marquées que les fruits entiers. Ces mécanismes pourraient contribuer à une augmentation du risque cardio-métabolique lorsqu’ils sont consommés en grande quantité. Les auteurs nuancent cependant et indiquent qu’une consommation modérée de jus de fruits (125 à 150 mL / par jour soit un petit verre) peut s’inscrire dans une alimentation saine, en complément des apports en fruits entiers.
Dans le cadre d’un programme d’accompagnement nutritionnel des femmes enceintes, une étude a examiné l’influence des habitudes de consommation de fruits et légumes avant conception sur les résultats du programme. Au total, 130 femmes enceintes ont été recrutées et réparties en 2 groupes selon leur niveau de consommation de fruits et légumes. Leurs consommations alimentaires ont été recueillies en début et en fin de grossesse. Dans les 2 groupes, l’accompagnement a permis d’améliorer les habitudes alimentaires, avec une augmentation significative de la consommation de fruits et légumes (+14% et +23% respectivement). Cette augmentation était plus importante chez celles dont les consommations initiales de fruits et légumes étaient les plus hautes. Ce travail suggère qu’une consommation élevée de fruits et légumes avant ou en début de grossesse favorise l’adoption de meilleures habitudes alimentaires, même en cas d’accompagnement nutritionnel. Ce travail souligne une nouvelle fois l’intérêt d’agir tôt pour maximiser l’efficacité des interventions nutritionnelles.
L’étude Pathways – cohorte prospective – a examiné l’association entre la consommation de légumes crucifères et la survie après un diagnostic de cancer du sein. Les données alimentaires de 3656 participantes ont été analysées entre 2005 et 2013 à l’aide de questionnaires de fréquence alimentaire. Des variations génétiques connues pour influencer la manière dont l’organisme métabolise les isothiocyanates ont été identifiées à partir de la littérature scientifique, puis analysées chez les participantes. Les résultats suggèrent qu’une consommation plus élevée de légumes crucifères pourrait réduire le risque de récidive, de second cancer ou de décès, bien que cette association ne soit plus significative après ajustements multiples. Des variations selon le type de légume et le profil génétique des participantes ont été rapportées, suggérant que les effets bénéfiques pourraient être modulés selon l’origine ethnique et le métabolisme individuel. Les auteurs soulignent l’importance de prendre en compte la diversité génétique et culturelle dans les recommandations nutritionnelles post-cancer du sein.