En bref
L’étude transversale EpiFloripa Aging (Brésil) a examiné les liens entre les habitudes alimentaires et la prévalence de symptômes dépressifs chez des personnes âgées. Ce travail a porté sur 1197 participants âgés de 60 ans ou plus. Les résultats montrent qu’une consommation régulière de fruits, légumes et de céréales complètes est associée à un risque significativement réduit de symptômes dépressifs. Une diminution de risque est sont également observés pour une consommation hebdomadaire de poisson et une fréquence élevée de fruits et légumes combinés. Soulignant le besoin d’approfondir les mécanismes soutenant les associations identifiées, ce travail pointe l’intérêt d’une alimentation équilibrée et diversifiée dans la prévention de la dépression chez les personnes âgées.
Une étude, réalisée sur un panel de auprès de 489 adultes chinois, a exploré l’influence des motivations d’achats sur les préférences des consommateurs pour les fruits, en tenant compte du rôle modérateur de la perception des couleurs. Lorsqu’ils recherchent en priorité la santé, les consommateurs sont plus sensibles à la couleur (qui leur inspire la fraicheur, la vitalité et la santé) et à la valeur nutritionnelle des fruits et sont plus susceptibles d’acheter des fruits frais aux couleurs vives. En revanche, lorsque leur motivation principale vise un besoin nutritionnel spécifique (perte de poids, prise de masse musculaire, contrôle de la glycémie etc), ils sont moins sensibles à la couleur et se concentrent davantage sur le contenu nutritionnel et l’aspect fonctionnel des aliments, ce qui les rend plus enclins à acheter des fruits transformés. La fourniture d’information sur les nutriments naturels des fruits frais ou la présence de conservateurs dans les fruits transformés peut modifier les préférences des consommateurs. Ces résultats soulignent l’intérêt d’adapter la promotion des fruits en fonction du profil et des attentes des consommateurs, notamment pour favoriser les choix favorables à la santé.
Un article de synthèse explore le rôle des polyphénols alimentaires dans la prévention des maladies liées à l’âge et leur contribution à la longévité. Ce travail se focalise sur les modèles alimentaires méditerranéen et japonais, reconnus pour leurs effets protecteurs contre les maladies chroniques et riches en aliments d’origine végétale contenant des polyphénols (fruits, légumes ; thé, soja, huile de d’olive, céréales complètes). Cette revue narrative décrit les mécanismes d’action des polyphénols, notamment leur pouvoir antioxydant, anti-inflammatoire, leur influence sur le microbiote intestinal et la modulation de voies métaboliques impliquées dans le vieillissement, ainsi que les effets santé associés à leur consommation que ce soit dans le contexte de ces 2 modèles alimentaires ou par supplémentation. Au regard des connaissances présentées, les auteurs plaident pour une intégration plus large des polyphénols dans les recommandations nutritionnelles afin de promouvoir un vieillissement en bonne santé. Ils appellent également à poursuivre la recherche afin d’identifier les modalités les plus pertinentes de consommation et/ou supplémentation pour accroître l’espérance de vie.
Une étude de cohorte a évalué l’association entre l’adhésion au régime de santé planétaire et le risque de mortalité et de maladies chroniques. Les habitudes alimentaires de 126 394 adultes issus de la UK Biobank ont été analysées à l’aide de questionnaires de fréquence alimentaire. Un score d’adhésion au régime de santé planétaire a été déterminé selon les recommandations de la commission EAT-Lancet. Après un suivi de 12,7 ans, les personnes dont les habitudes étaient les plus proches du régime de santé planétaire présentaient un risque réduit de mortalité toutes causes confondues significativement. Un effet similaire est également observé pour les cancers et les maladies cardiovasculaires. Ces associations restaient robustes après ajustement pour les facteurs sociodémographiques et les comportements de santé. Ces résultats soutiennent l’intérêt de modèles alimentaires durables, riche en végétaux et incluant une quantité modérée en produits d’origine animale dans une optique de santé publique.
Le Planetary Health Diet Index (PHDI-US) est un indice récemment développé afin d’évaluer l’adhésion au régime planétaire EAT-Lancet dans le contexte des habitudes alimentaires américaines. Une étude a analysé de manière systématique l’association entre cet indice et les symptômes dépressifs, en comparant ses performances avec d’autres indices alimentaires Les résultats montrent que l’adhésion au Planetary Health Diet Index-US est associée à un risque réduit de dépression. Cependant, l’effet protecteur est moindre que celui des autres indicateurs. Parmi les composantes de ce régime, les fruits ressortent comme la composante la plus fortement liée à une réduction du risque. En recalibrant le score en augmentant la part des fruits (PHDI-Fruits), sa capacité à réduire l’incidence de la dépression était meilleure que celle des autres scores alimentaires. Dans la perspective d’interventions diététiques vis-à-vis de la dépression, les auteurs invitent à poursuivre l’optimisation et la validation des effets de ce modèle alimentaire.