N° 199 | juillet 2019

Nouveaux repères alimentaires : l’Anses encourage la consommation de fruits et légumes et alerte sur les apports excessifs en sucre chez les enfants

Dans le cadre du PNNS (Programme national nutrition santé), l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) a publié, mardi 25 juin 2019, 4 avis sur les nouveaux repères alimentaires pour les populations spécifiques telles que les femmes enceintes et allaitantes et les enfants (0-3 ans et 4-17 ans). Ces populations présentent des spécificités physiologiques qui nécessitent une alimentation adaptée, afin de répondre à leurs besoins nutritionnels. Ces repères complètent ceux de 2017, élaborés pour la population générale adulte.

La femme enceinte et allaitante : place aux fruits et légumes, produits laitiers et poissons

L’Anses met en évidence des groupes d’aliments présentant des bénéfices spécifiques pour la santé de la mère et de l’enfant pendant la grossesse ou l’allaitement : les fruits et légumes, les produits laitiers et le poisson, en particulier les poissons gras riches en oméga-3. Par ailleurs, les experts soulignent que les apports nutritionnels en certains nutriments indispensables sont insuffisants :

  • fer, iode et vitamine B9 (acide folique) pour la femme enceinte et allaitante
  • vitamine A et C pour la femme allaitante.

Pour pallier ces insuffisances, l’Anses précise les aliments à privilégier :

Vitamine B9 Fer Iode Bêta-carotène (précurseur de la vitamine A) et vitamine C Vitamine A
Légumes et légumineuses Certaines viandes, poissons et fruits de mer Poissons gras, jaune d’œuf et produits laitiers Fruits et légumes Jaune d’œuf, fromages, beurre et crème fraîche

 

L’agence rappelle également aux femmes en âge de procréer, l’importance d’avoir une alimentation saine et variée avant même la grossesse.

La diversification alimentaire chez le nourrisson : une étape clé pour adopter de bonnes habitudes

L’Anses préconise :

  1. de débuter la diversification alimentaire de l’enfant entre 4 et 6 mois ;
  2. de proposer plusieurs fois les aliments : 8 expositions peuvent être nécessaires pour qu’un aliment initialement refusé soit accepté ;
  3. un environnement familial adéquat : manger dans le calme, en famille et sans distractions visuelles (écrans...).

La tranche d’âge 5-18 mois est très favorable à l’acceptation de nouveaux aliments. C’est donc à cette période qu’il est important de varier le plus possible l’alimentation de l’enfant et en particulier les légumes, qui peuvent être moins bien acceptés en grandissant. Il ne faut pas hésiter à jouer sur les couleurs, les saveurs, les textures, et à leur faire découvrir un large éventail de fruits et légumes, afin qu’ils profitent de leurs bienfaits dès leur plus jeune âge et prennent l’habitude d’en consommer plus tard. Les comportements alimentaires établis dès la première année influent sur le comportement à venir.

Enfants de 4 à 7 ans : limiter la consommation de sucres et augmenter les apports en fer et calcium

Selon l’Anses, les apports en sucre sont trop importants pour la plupart des enfants surtout chez les plus jeunes. 75% des 4-7 ans, 60% des 8-12 ans et 25% des 13-17 ans dépassent le seuil recommandé qui est respectivement de 60g, 75g et 100g par jour. L’agence recommande donc de réduire la consommation de sucres au quotidien (hors lactose et galactose), en limitant notamment les prises de boissons sucrées (boissons rafraîchissantes sans alcool* et jus de fruits), pâtisseries, biscuits et gâteaux, trop souvent donnés à l’heure du goûter. Ces aliments, de faible densité nutritionnelle, peuvent être remplacés par d’autres de meilleure qualité tels que les fruits frais, les produits laitiers nature et les oléagineux (amandes, noix, noisettes...). Par ailleurs, les experts pointent du doigt des apports nutritionnels insuffisants pour certains nutriments chez les enfants tels que le calcium et le fer. Afin de couvrir leurs besoins, l’Anses recommande de favoriser la consommation de produits laitiers, frais nature ou peu sucrés dans des proportions proches de celles des adultes. Pour les enfants qui ne mangent pas ou peu de produits laitiers, les légumes feuilles (mâches laitue, épinard, choux...), les légumineuses et certaines eaux minérales, sources de calcium, peuvent être de bonnes alternatives. Concernant le manque d’apport en fer, les aliments à favoriser sont les VPO (certaines viandes, poissons, et œufs), le pain complet, les légumineuses (lentilles, haricots blancs, pois chiches) ainsi que les fruits secs et à coque.

Favoriser le « fait-maison » et les collations saines

L’agence encourage de privilégier les plats faits-maison et d’éviter les produits industriels, contenant pour un grand nombre trop de sucres et de graisses ajoutés. Il est donc préférable de préparer ses repas soi-même, à partir d’aliments bruts (non-transformés). Ainsi, on sait exactement ce que l’on a dans son assiette et on peut maîtriser ses apports en sucre au quotidien. De plus, les aliments sucrés du goûter peuvent être remplacés par des fruits frais, des produits laitiers nature, des oléagineux et de l’eau.

La place des fruits et légumes dans le cadre d’une alimentation saine

Les fruits et légumes occupent une place de choix dans le cadre d’une alimentation saine. Riches en eau et pauvres en calories (faible densité énergétique), ils nous apportent des vitamines, des minéraux, des fibres et des antioxydants qui leur confèrent une forte densité nutritionnelle. Leur consommation quotidienne permet ainsi de couvrir les besoins de l’organisme en divers nutriments et joue un rôle protecteur vis-à-vis des maladies cardiovasculaires (infarctus, AVC, hypertension artérielle), de certains cancers, mais aussi du diabète de type 2 et de l’obésité. Grâce à leur faible apport calorique et leur effet rassasiant, les fruits et légumes nous aident également à équilibrer notre alimentation et à prévenir une prise de poids indésirable. Afin de profiter de tous leurs bienfaits, une consommation d’au moins 400 g de fruits et légumes par jour est recommandée, soit au moins 5 portions d’environ 80 à 100 g.

 

*Boissons rafraîchissantes sans alcool : boissons comprenant les colas, les boissons aux fruits plates ou pétillantes, les limonades, lime, tonics, les boissons à base de thé (extraits ou infusions), les eaux aromatisées

En savoir plus :

Retour