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Des pommes, des poires et des Brésiliennes

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Nous avons mené une étude clinique, randomisée, à trois bras, pour évaluer l‘effet de l’ajout de trois pommes, trois poires, ou trois biscuits d’avoine, sur le taux de lipides sériques chez des femmes adultes en surpoids.

Une population de femmes en surpoids

Dans les 3 groupes, la quantité de fibres était similaire. Le critère d’évaluation secondaire était la modification du poids1.

Des femmes en surpoids (IMC >25 kg/m2), âgées de 30 à 50 ans, non-fumeuses, avec un niveau de cholestérol > 240 mg/dL, ont été invitées à participer à l’étude. Sur les 411 femmes admissibles, 49 ont été randomisées dans l’un des trois groupes de traitement après avoir signé un consentement écrit. Le Comité d’Ethique de l’Université de l’Etat de Rio de Janeiro - UERJ, Brésil, a approuvé le protocole.

Un diététicien a conseillé aux participantes une alimentation hypocalorique standard (55% de glucides, 15% de protéines, 30% de lipides), correspondant à une restriction calorique de 250 kcal/jour par rapport aux apports caloriques de base et aux dépenses estimées (OMS, 1985)2. L’objectif était d’obtenir une petite diminution du poids.

3 groupes alimentaires distincts

Il a été demandé aux participantes de consommer : un petit déjeuner, un déjeuner, un dîner et trois collations par jour, durant dix semaines. Deux fois par mois, les femmes ont reçu des fruits ou des biscuits en quantité suffisante pour toute leur famille. Durant l’étude, on leur a recommandé de manger chaque jour trois pommes (300 g), trois poires (300 g), ou trois biscuits d’avoine (60 g). Toutes les deux semaines, les femmes ont complété un carnet alimentaire sur trois jours consécutifs et un week-end afin d’évaluer l’observance. Le poids et la taille ont été mesurés chaque mois. Le régime alimentaire était ajusté toutes les deux semaines en fonction des variations du poids. Les deux composants principaux de l’alimentation brésilienne, le riz et les haricots, ont été utilisés pour réajuster le niveau calorique. L’apport moyen était de 2 401±389 kcal/jour, 2 459±464 kcal/jour ou 2 383±31kcal/jour respectivement pour les groupes pommes, poires et biscuits d’avoine.

Les pommes et les poires réduisent la densité énergétique

Les résultats ? Ils ont d’abord montré une diminution significative de la densité calorique tout au long du suivi : -1,23 kcal/g, p<0,04, et –1,29 kcal/g, p<0,05 respectivement pour les groupes pommes et poires par rapport au groupe avoine.

L’apport calorique a également diminué de façon significative (-25,17 et –19,81 kcal/jour) dans les groupes pommes et poires, respectivement, alors qu’il a légèrement augmenté (+0.93) dans le groupe avoine.

Les pommes et les poires ont été également associées de manière très significative (p<0,001) à une réduction du poids : -0,93 kg pour le groupe pommes et -0,84 kg pour le groupe poires. Le poids est demeuré stable (+0,21 kg; P=0,35) dans le groupe avoine.

Un élément clé pour la consommation d’énergie

La densité énergétique des aliments est souvent considérée comme un élément clé pour la consommation énergétique, car une consommation importante d’aliments à faible teneur calorique, comme les fruits, rend plus difficile un excès d’apport calorique3, 4. Notre étude n’a pas analysé l’impact des fruits sur la teneur calorique, mais nous avons montré que le poids diminuait en ajoutant les fruits dans l’alimentation. Ces résultats suggèrent que la teneur calorique des fruits, indépendamment de leur teneur en fibres, pourrait, à long terme, réduire les apports caloriques et le poids corporel.

Maria Conceição de Oliveira
Département de Santé Communautaire, Faculté des Sciences de la Santé, Université Fédérale d’Amazonie – UFAM, Adrianópolis, Brésil
Rosely Sichieri
Département de Santé Communautaire, Faculté des Sciences de la Santé, Université Fédérale d’Amazonie – UFAM, Adrianópolis, Brésil
Renzo Venturim Mozzer
Département de Santé Communautaire, Faculté des Sciences de la Santé, Université Fédérale d’Amazonie – UFAM, Adrianópolis, Brésil
  1. WHO. (1985). Energy and protein requirements. Report of a joint FAO/WHO/UNO. Expert Consultation. (Technical Report Series 724). Geneve: World Health Organization.
  2. Rolls, BJ, Drewnowski, A., Ledikwe, YH. (2005). Changing the energy density of the diet as a strategy for weight management. J Am Diet Assoc, 105:S98-S103.
  3. Ledikwe JH, Rolls BJ, Smiciklas-Wright H, Mitchell DC, Ard JD, Champagne C, Karanja N, Lin PH, Stevens VJ, Appel LJ. (2007). Reductions in dietary energy density are associated with weight loss in overweight and obese participants in the PREMIER trial. Am J Clin Nutr. May; 85(5):1212-21.
  4. Oliveira MC, Sichieri R, Mozzer RV. A low-energy-dense diet adding fruit reduces weight and energy intake in women. Appetite. 2008; 51: 291–295.
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