N° 199 | juillet 2019

Consommation en fruits et légumes des internes en médecine générale de Lyon

Une bonne santé passe par une alimentation équilibrée quotidienne avec une place importante occupée par les fruits et légumes (F&L). Pourtant leur consommation reste inférieure aux recommandations promues par le Programme National Nutrition Santé (PNNS) d’au moins cinq portions par jour. Seuls 10 à 25% des jeunes de 18-30 ans respectent les recommandations1,2,3.Les internes en médecine générale seront amenés à apporter des conseils nutritionnels et à jouer un rôle clé dans l’éducation nutritionnelle de leurs patients mais qu’en est-il de leur propre alimentation ?

Une étude descriptive transversale a été réalisée via un questionnaire anonyme diffusé sur internet auprès des internes inscrits au DES de médecine générale de Lyon entre le 28 février et le 22 mars 2018. 148 réponses ont été analysées soit un taux de participation de 36%. Un plus fort taux de participation féminine a été enregistré avec 46% de participation contre 15% chez les hommes. 9% étaient en catégorie maigreur, 8% en surpoids et 1% en obésité. 26% ne pratiquaient aucune activité physique et 86% avaient pour habitude de grignoter.

Achat des F&L : les habitudes

Le lieu principal d’achat s’effectuait en grande et moyenne surface alimentaire et concernait principalement des F&L frais. La saison était respectée pour l’achat des fruits ce qui était moins le cas pour les légumes avec une redondance de courgettes et aubergines dans les réponses pour les mois de février et mars. L’agriculture biologique était privilégiée pour 28% d’entre eux.

36% des internes interrogés consommaient plus de 5 portions de F&L par jour

Les résultats ont montré que les internes consommaient en moyenne 1.9 portions de fruits et 2.3 portions de légumes soit 4.2 portions de F&L par jour. 54 internes soit 36% déclaraient respecter les recommandations. Aucun lien n’a été établi de façon significative entre le sexe, le poids, l’activité physique, le tabac, la présence d’un enfant ou la prise d’un petit déjeuner régulier avec une faible ou forte consommation de F&L. Cependant les internes prenant un petit déjeuner tous les jours et ne fumant pas semblaient toutefois consommer plus de F&L.

Le manque de temps comme frein majeur

Pour 61% des internes, le principal frein évoqué à la consommation de F&L était le manque de temps (moments accordés pour cuisiner, pour faire les courses). Une difficulté à conserver les aliments frais pour 39% des internes et le manque de pratique culinaire pour 15% d’entre eux étaient aussi relatés. Ces freins diffèrent légèrement de ceux de la population générale qui sont principalement le goût, le coût et le manque de temps4,5.

Paniers de F&L : une solution ?

86% des internes seraient intéressés par des interventions portant sur les F&L. L’instauration de paniers de F&L est mis en avant pour 70% d’entre eux. Ceux-ci pourraient être distribués sur le site des hôpitaux selon un système d’abonnement. Les internes sont aussi demandeurs de cours de cuisine (34%), de guide alimentaire (22%) et d’applications mobiles (18%).

Formation en nutrition à perfectionner

La formation en nutrition au cours de l’internat demandait à être perfectionnée pour 16% des internes interrogés. Seul 14% des internes ont cité le PNNS comme source d’information sur la nutrition, ce qui confirme l’importance de cette demande. Des formations pratiques, éventuellement sous forme d’atelier, sembleraient les plus attractives. La consommation moyenne en F&L des internes paraît encourageante et montre leurs implications sur le sujet de la nutrition. Ceci est primordial au vu de leur futur rôle de médecin généraliste dans la prévention auprès de leurs patients.

D’après FABRE A. Place des F&L dans l’alimentation des internes en médecine générale de Lyon. Thèse pour le diplôme d’état de docteur en médecine. 2019

Adeline Fabre
Médecin généraliste, Collège Universitaire de médecine générale de l’Université Lyon 1, FRANCE
  1. Etude nationale nutrition santé : situation nutritionnelle en France en 2006 selon les indicateurs d’objectif et les repères du PNNS [Internet]. 2006. Disponible sur: http://invs.santepubliquefrance.fr//publications/2007/nutrition_enns/RAPP_INST_ENNS_Web.pdf2.
  2. Poscia A, Telaman AA, Azzolini E, De Waure C, Maged D. Eating episode frequency and fruit and vegetable consumption among Italian university students. Ann Ist Super Sanita. 2017;53(3):199-204.3.
  3. Delay J. Comportement de santé à risque et addictions chez les étudiants en profession de santé à Rouen : évolution entre 2007 et 2015 [Internet] [thèse pour le doctorat de médecine]. Rouen; 2015. Disponible sur: https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-01211707/document
  4. INPES. Fruits, légumes et féculents : mettre fin aux idées reçues. juin 2008; Disponible sur: http://inpes.santepubliquefrance.fr/70000/dp/08/dp080606.pdf5.
  5. FranceAgriMer, 2016. Pratiques et habitudes de consommation de fruits et légumes
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